Interview publiée dans
le Sud-Ouest d’aujourd’hui et réalisée par Philippe Campa. Son engagement de député, sa vision de la politique, l'élue se livre à « Sud Ouest ».
Dans ce monde parfois macho de la politique, vos pairs élus, semblent vous oublier.
Comment vivez-vous cette situation ? Gisèle Biémouret. (Sourire) Mon père était Italien... mais pas macho pour deux
sous ! Je n'ai jamais ressenti une telle chose. Même en politique je ne comprends pas que l'on puisse écarter quelqu'un pour des différences de sexe. J'ai connu un parcours politique difficile
mais je pense que c'est aussi compliqué pour un homme. La politique n'est pas un monde à part, c'est comme la vie en entreprise, à savoir compliqué et difficile. Disons que, petit à petit, les
femmes vont réussir à s'imposer. Mais il en est pour les femmes en politique comme dans les autres secteurs de la vie, ce n'est pas simple. Par ailleurs, j'observe que beaucoup de personnes sont
mal élevées, peu courtoises. Beaucoup manquent d'éducation, et pas uniquement les jeunes.
Vous êtes à mi-mandat de député, quel regard portez-vous sur cet engagement
? C'est pour moi l'occasion de rencontrer des personnes qui m'apportent beaucoup, des gens extraordinaires. Au
niveau humain, c'est exceptionnel. Bien sûr, il m'a fallu un temps d'adaptation pour comprendre les codes de ce monde. Je me sentais dans quelque chose que je n'avais pas connu auparavant même si
je fais de la politique depuis longtemps. Lorsque je suis arrivé au Palais Bourbon j'avais l'impression de ne pas être à ma place. Finalement, tout le monde y a sa place.
Depuis le début de votre mandat, quel dossier vous a le plus mobilisé ?
J'ai du mal à séparer ce que je fais dans le département et à Paris. En premier je défends les dossiers qui ont une résonance
gersoise. Pas par clientélisme, mais on est d'abord l'élu d'un département. L'esca par exemple (la maladie du bois de la vigne), je me bats pour faire évoluer la situation, même si le dossier est
très compliqué.
Parfois, n'est-il pas frustrant de ne pas faire aboutir un dossier sensible
? Si, surtout lorsque l'on voit de l'argent débloqué pour d'autres dossiers...
Sur quel dossier travaillez-vous en ce moment ? Le projet de pôle d'excellence rurale pour la viticulture gersoise me tient particulièrement à coeur. Je pense qu'il important de
développer ce que l'on a plutôt que d'espérer attirer d'autres activités économiques. Et puis la viticulture est une image forte du département.
Quelle est votre position sur le cumul des mandats ? On ne peut pas être pour le cumul. Certes je me suis représentée aux élections cantonales... mais on doit arriver à un non-cumul.
Si vous deviez choisir entre vos mandats de député et conseiller général ?
La réponse est difficile. J'ai un faible pour ma fonction de conseiller général mais lorsque l'on voit ce que le gouvernement
prépare pour les collectivités territoriales... D'un autre côté j'apprécie mon mandat de député.
Cela signifie que vous serez candidate à votre propre succession...
Oui, à moins que je sois malade où qu'un événement très important me l'interdise.
La campagne pour les élections régionales est lancée, dans un climat pour le moins
tendu. Que vous inspire cette ambiance ? Lorsque l'on cherche les moyens de faire souffrir, de nuire, on y arrive
toujours. Jamais je ne fonctionnerai comme cela. C'est insupportable. Pour être respecté, il faut d'abord respecter les autres. Je trouve ce début de campagne très moche. C'est bien d'avoir de
l'ambition mais l'intérêt général doit, à mes yeux, prévaloir. Vous savez, nous ne sommes pas tous nécessaires et nous serons tous remplacés.
Vous redoutez cette campagne ? Disons que je ne fonctionne pas comme cela, je n'aime pas les conflits, je n'aime pas lorsque les échanges sont insidieux. Je ne peux pas
cautionner ce genre de relations.
Finalement, on vous pense en retrait alors que vous faites tout pour rester au-dessus
de la mêlée... Je ne suis ni revancharde, ni haineuse. Je regrette donc tous les sentiments négatifs. Avoir de
telles pensées me rendrait malade. Il n'est pas bon d'être animé par le négatif. Je ne veux pas changer. La vie est suffisamment compliquée. Ma philosophie est de tout faire pour rester tel que
l'on est.
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Lien vers du site du journal Sud-Ouest, cliquer ici.
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